José Carlos Gutiérrez est un graphiste, illustrateur et artiste basé à Mexico qui dirige l’association internationale de BD, Comix35 Next Gen.

Racontez-nous comment vous êtes venu à la foi.

J’ai été élevé dans la religion catholique, mais je n’ai jamais vraiment compris les enseignements, et à certains moments de ma vie, j’ai même nié l’existence de Dieu. Puis, à l’âge de 23 ans, je suis entré dans un programme de désintoxication où j’ai rencontré un homme dont la vie avait été restaurée. Il m’a invité à un événement dans son église. C’est à ce moment là que ma vie a été chamboulée. Je me suis réconcilié avec Dieu et même plus, j’ai enfin compris que je pouvais lui parler et m’attendre à son soutien dans ma vie. Depuis, je n’ai jamais cessé d’aller à l’église, de prier et de lire la Bible tous les jours.

Racontez-nous comment vous vous êtes intéressé à l’illustration et à la bande dessinée.

Ma mère était dessinatrice de mode et enseignante, et elle peignait également en utilisant différentes techniques. Les fournitures artistiques étaient omniprésentes dans notre maison. Je dessine depuis toujours. J’ai commencé par copier les personnages de dessins animés et les superhéros des bandes dessinées du journal du dimanche, puis j’ai ajouté des dialogues à mes dessins.

Lorsque ma mère m’a acheté des livres pour apprendre à dessiner des personnages de BD et de dessins animés, je passais des heures chaque jour à remplir les espaces vides de ces livres. J’emportais un carnet et un crayon partout où j’allais. Lorsque je suis arrivé au lycée, les professeurs adoraient mes bandes dessinées et je savais que je voulais gagner ma vie en dessinant et étudier l’animation. Cependant, comme la filière la plus proche était le graphisme, j’ai choisi ce domaine d’études.

Lorsque j’ai rencontré Jésus en 2002, j’ai voulu utiliser mes dessins pour aider les autres à connaître l’amour de Dieu. En 2005, j’ai entendu parler de Comix35, et aujourd’hui je dirige Comix35 Next Gen.

Comment utilisez-vous l’art et la bande dessinée pour enrichir l’Église et influencer la société ?

Depuis 2005, je réalise de courtes bandes dessinées (d’une à sept pages) pour des magazines chrétiens. En ajoutant la narration graphique à une publication imprimée ou numérique, l’éventail des lecteurs s’élargit. Les bandes dessinées courtes sont un excellent moyen de partager des vérités bibliques d’une manière divertissante et relativement peu onéreuse. Je crois fermement que la Parole de Dieu change les vies, et je suis inspiré par les versets 10 et 11 du chapitre 55 du prophète Esaïe : « La pluie et la neige tombent des cieux, mais elles n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir rendue fertile, sans avoir fait germer les graines. Elles procurent ainsi de la semence au semeur et du pain à celui qui a faim. Eh bien, il en est de même pour la parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à moi sans avoir produit d’effet, sans avoir réalisé ce que je veux, sans avoir atteint le but que je lui ai fixé ».

Les réseaux sociaux permettent à présent d’atteindre des personnes dans le monde entier. L’année dernière, j’ai lancé la BD Instagram « Rencontres pour la vie », qui adapte des passages de la Bible dans lesquels on découvre des personnages dont la vie a été changée par une rencontre avec Jésus.

J’ai également lancé des projets animés – des BD courtes avec du son et des cases en mouvement qui peuvent être partagées sur n’importe quel appareil. L’un des projets qui me plaît le plus est l’illustration chaque semaine d’histoires pour enfants écrites et racontées par mon pasteur. Ces histoires sont appréciées par les membres de l’église et utiles pour témoigner auprès d’autres.

Parlez-nous des bandes dessinées dans différentes parties du monde. Où sont-elles les plus populaires ?

C’est au Japon, aux États-Unis et en France que les BD et Comics sont les plus populaires et les plus influents. Au Japon, les BD sont appelées « Manga », et la narration visuelle et les personnages illustrés sont souvent utilisés dans la communication officielle, dans les rues et dans le métro. La production y est si importante qu’il existe des lieux appelés « Manga Kissa » où l’on paie à l’heure pour lire des milliers de titres de Manga. Le Comiket est un événement de quatre jours où de grandes maisons d’édition et des dessinateurs de Manga indépendants vendent leurs productions.

La popularité des bandes dessinées s’est également accrue au Mexique où je vis. Les BD et les romans graphiques imprimés au Mexique sont vendus dans les librairies. La production locale de BD augmente partout dans, et les auteurs indépendants et les petites maisons d’édition se multiplient également.

En quoi la bande dessinée peut-elle transmettre des messages importants que d’autres moyens ne peuvent pas véhiculer ?

La BD est une forme d’art, mais elle est également utile pour attirer des personnes qui ne sont pas forcément disposées à lire beaucoup de texte. Je me souviens être allé chez le coiffeur quand j’étais enfant et d’avoir vu des gens de tous âges prendre les comics à disposition et les lire pendant qu’ils attendaient. Les bandes dessinées impliquent pleinement le lecteur en faisant travailler ensemble les deux parties du cerveau, en combinant textes et images. La BD est un excellent moyen de faire passer des messages importants au plus grand nombre.

Initialement publié sur le site de MAI, le 27 mai 2021 (https://maiglobal.org/jose-carlos-gutierrez/)

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Quand j’ai supprimé Waze et Google Maps, Yuka et TousAntiCovid, mes photos et mes images, et que mon téléphone s’est retrouvé quasiment vide, j’ai enfin pu mettre à jour ma messagerie instantanée. Mon portable n’a que seize mégaoctets, je ne sais pas ce que c’est mais ce n’est pas assez. Je ne suis pas une smartphone’s victim, mais il a bien fallu que je me résigne : j’ai besoin d’un nouvel appareil, dont la mémoire ne flanchera pas. Plus puissant et fonctionnel, allez on y va !

 

Rendez-vous sur BackMarket, j’approuve le concept. La société récupère et reconditionne ordinateurs, tablettes et smartphones. Je lis sur un site que l’Ademe[1] cautionne : en optant pour un téléphone reconditionné, j’évite l’extraction de quatre-vingt-deux kilos de matières premières. Et la production de vingt-trois kilos de gaz à effet de serre. Je fais aussi chuter l’impact environnemental[2] de 87 %[3]. Bigre ! Je ne croyais pas si bien faire ! Je me félicite en naviguant.

 

Le principe est simple et écolo. Tout se recycle, rien ne se jette. On économise la planète, et ses pépètes. Contrairement à son homologue d’occasion, le téléphone reconditionné est passé entre les mains d’un pro. Après de nombreux contrôles, réparations, remises à zéro… il a reçu une deuxième vie. Et son acquéreur une garantie. La Terre lui en sait gré dont les hôtes pourraient bientôt mourir de chaud. Idem les quarante mille enfants de la République démocratique du Congo, qui extraient du cobalt pour doper nos batteries[4]. Aux jeunes marcheurs pour le climat je réponds tout de suite : la planète, je la préfère bleue que bien cuite. Le site propose même de racheter mon vieux mobile chinois qui ne vaut pas tripette. Moi je vous le dis, vive la French tech !

 

Il en va des personnes comme des smartphones. Nous pouvons tous avoir une seconde vie. Elle commence quand on en a fini. Avec notre arrogance, nos prétentions. Nos fausses croyances, notre présomption. Nos « moi je », nos « oui mais », nos « ben si ». Nos vaines quêtes de sens. Nos limitations toutes humaines. Quand nous acceptons notre obsolescence. Nos saturations. La nécessité de changer d’existence. Quand nous ne croyons plus en rien ni en nous-mêmes. Quand nous en avons par-dessus la tête des adversités mais que ça ne les empêche pas de nous submerger. Quand nous avons voulu tenir de toutes nos forces : nous avons battu le rappel mais elles ne sont pas venues. Quand nos chemins ont plus de creux que de bosses, quand on se sent dépassé, bon pour le rebut.

 

Certains optent pour le développement personnel, la positive attitude, la détox émotionnelle, la zen plénitude, le coaching sensoriel, les exercices de motivation, les praticiens PNL[5], la loi d’attraction, les constellations familiales et la psychogénéalogie, la force du Graal ou la reikiologie, les énergéticiens magnétiseurs, les formatrices en bonheur… Ils parviennent parfois à lâcher la soupape mais ne changent jamais de cap. Ils maintiennent tant bien que mal la trajectoire. Et puis un jour la panne, l’écran noir. La résignation ostensible. « Quand on n’aime pas sa vie, quand on sait qu’il faut en changer, on n’a pas le choix, n’est-ce pas ? Que faire pour être un autre ? Impossible[6]. »

 

D’autres, reconnaissant leur besoin urgent d’être remis en état, se tournent avantageusement vers leur Concepteur : qui saurait, mieux que lui, leur offrir un nouveau départ ? Dieu ne met aucun de ceux qui l’appellent au placard. Aussi dépassés soient-ils par les événements, ou la technologie, il les réinitialise tous avec un amour infini. Il réinstalle, reformate, remet au monde, répare. Ceux qui se laissent reconditionner par le Dieu d’éternité vivent avec lui leurs plus belles années.

 

Le cas de l’apôtre Pierre est édifiant. Victime de l’effet « meilleur que la moyenne[7] », il pense être le plus grand : si les autres disciples étaient ébranlés dans leur foi, lui ne faillirait sûrement pas[8] ! Pierre-le-fanfaron renie pourtant son ami Jésus à trois reprises. Au chant du coq. Ce n’est pas faute d’avoir été prévenu. Pierre se découvre et se dégoûte, c’est un choc. Il est brisé, hors service. Dépité, déçu.

 

Pierre pleure à chaudes larmes. Il prend conscience de son état calamiteux. Il pourrait fuir, rendre les armes. Disparaître ni une ni deux. Après moi le déluge. Mais il choisit de revenir à Jésus, le juste juge. L’apôtre se laisse reconditionner par ses soins. Le service est gratuit. Et extraordinairement efficace. Pierre version 2.0 soutiendra et fortifiera ses amis. Et, à travers ses missives, des millions de chrétiens. Quelle grâce !

 

J’ai acheté un téléphone reconditionné. Je crois que j’ai bien fait. Il appartient aux hommes d’en appeler à Dieu s’ils veulent changer de vie. À nos smartphones on ne demande pas leur avis. Fin de l’analogie.

 

Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis.

1 Jean 1.9

 

[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

[2] Impact environnemental annuel sur l’empreinte « changement climatique ».

[3] « Impact environnemental des smartphones : le reconditionné fait de 77 à 91 % mieux que le neuf », Raphaël GUASTAVI, chef du service Ecoconception & Recyclage, Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), The Conversation, 19 janvier 2022, https://theconversation.com/impact-environnemental-des-smartphones-le-reconditionne-fait-de-77-a-91-mieux-que-le-neuf-174976

[4] « Mon smartphone est-il lié au travail des enfants ? » Amnesty International, https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2016/06/drc-cobalt-child-labour/

[5] Programmation neurologique et linguistique.

[6] Albert CAMUS, La Chute, Folio Gallimard, 1956, p.150.

[7] L’effet « meilleur que la moyenne » peut être résumé ainsi : quand on demande à un individu de se comparer à une « personne moyenne » dans un domaine de compétence ou sur un trait de personnalité donné (par exemple l’intelligence ou la gentillesse), il aura tendance à se juger supérieur à celle-ci. E. ZELL, J.E. STRICKHOUSER, C. SEDIKIDES & M.D. ALICKE (2020), « The better-than-average effect in comparative self-evaluation: A comprehensive review and meta-analysis », Psychological Bulletin, vol. 146, p.118-149.

[8] Matthieu 26.31-33.

DISPONIBLE MI AVRIL

 

 

Retrouvez d’autres chroniques de Brigitte dans ses ouvrages disponibles en librairie ou sur notre site www.editions-llb.fr.

 

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Le secret de l’arbre qui cache les enfants

Valérie Bricaud

 

Même grands, les enfants aiment jouer à cache-cache. Ils aiment les secrets et rêvent d’aventures. Ils aiment lire, mais surtout des BD. Et vous, parents, vous n’êtes pas contre les aventures, les BD ou les secrets. Mais vous aimeriez bien que vos enfants commencent à lire de vrais livres et à réfléchir sur des sujets plus sérieux. Vous vous demandez comment leur parler de Jésus d’une manière adaptée, ludique et intéressante.

Et si toutes ces aspirations, celles des enfants comme celles des parents, trouvaient leurs réponses avec ce livre ?

Une aventure haletante

Le secret de l’arbre qui cache les enfants est un véritable livre d’aventures. S’inspirant de faits réels, il emmènera vos enfants sur le plateau du Chambon-sur-Lignon. Là, ils revivront le périple de ceux qui ont dû se cacher à cause de leur appartenance religieuse. Un bond dans le passé et les voilà dans une clairière où des centaines de protestants tentent d’échapper à une dragonnade. Le récit rebondit à nouveau et transporte les jeunes lecteurs dans une autre époque. Sur les traces d’Augustin et de Jeanne, auxquels ils pourront s’identifier sans mal, ils revivront les aventures des enfants juifs accueillis et cachés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Noms de code, faux papiers, cachettes secrètes, et fouille de la police… le suspens est à son comble. Le découpage des chapitres et le va-et-vient entre les époques pousseront vos enfants à tourner les pages du livre jusqu’à la dernière.

Au milieu de cette intensité, l’autrice a pris soin d’égrener çà et là des moments de joies simples, d’émotions positives et même d’humour. Jamais le jeune lecteur ne sera confronté à des moments tragiques : les premiers chapitres du livre évoquent la vieillesse heureuse des principaux personnages, assurant l’enfant qu’ils ont survécu à leurs aventures !

L’Évangile annoncé avec douceur et conviction

L’autrice évoque la foi des habitants du Chambon-sur-Lignon. À aucun moment, l’aventure ne sert de prétexte à l’annonce de l’Évangile. Au contraire, l’un et l’autre ont été tissés ensemble et sont interconnectés. Étape par étape, une conversation s’installe entre personnages d’arrière-plan juif et protestant. L’Ancien Testament est le point de départ des discussions qui, petit à petit, mèneront à Jésus-Christ. La fête de la Pâque, point culminant de la foi juive comme de la foi chrétienne, se révèle aussi être le point central de l’histoire. Là, l’autrice fait un travail remarquable en illustrant de manière simple, mais saisissante l’œuvre de Jésus dans les vies de ceux qu’il sauve. Le jeune lecteur assistera à la conversion touchante et discrète d’Augustin.

Quelques versets bibliques parsèment le texte et peuvent vous offrir l’occasion de discuter avec votre enfant. La manière dont la foi s’incarne concrètement dans la vie quotidienne ou l’articulation entre la loi et la grâce sont des thèmes abordés par le livre qui pourront nourrir vos discussions.

Une initiation au devoir de mémoire

Ce livre est un rappel que l’histoire se répète parfois et qu’agir c’est aussi se souvenir. Les habitants du plateau du Chambon se sont souvenus de leurs ancêtres fuyant les dragons. Forts de la même foi, ils ont agi pour le bien de ceux qui étaient à leur tour persécutés.

Le jeune lecteur sera émerveillé d’apprendre que certains personnages de cette aventure ont réellement existé. Si vous avez à cœur d’accompagner vos enfants sur la thématique du devoir de mémoire, vous pouvez visiter les lieux où se sont déroulés certains des évènements du récit. La question de la désobéissance civile n’est abordée qu’en filigrane par l’histoire, mais pourra faire l’objet de belles discussions parents-enfants.

La sensibilité et la maladresse du personnage d’Augustin sont aussi un rappel saisissant que tout le monde peut prendre part aux actions justes. Dans ce livre, la force physique ou l’intelligence ne sont pas mises en avant. Au fil des pages, le lecteur comprendra que le vrai courage consiste d’abord à tenir bon dans l’adversité et à agir pour le bien des plus vulnérables en toutes circonstances.

Une lecture facilitée

Avec plus de 200 pages, le livre peut sembler ambitieux. Mais, l’histoire est racontée au présent pour en faciliter la lecture. Écrit en gros caractères, le livre peut facilement être lu par des enfants de 10 ans et plus. De plus, la mise en page a été adaptée aux besoins des lecteurs « -dys » : une écriture bien lisible, une police sans empâtement, des lignes raccourcies et l’absence de coupe de mots en fin de ligne. Quelques illustrations rythment le texte. Des notes en bas de pages expliquent les mots compliqués en lien avec l’époque. Si quelques notions de cultures musicales échappent par moment aux enfants, elles pourront susciter leur curiosité. Pour un public plus jeune, la lecture peut être faite à voix haute par un adulte qui sera à même d’expliquer les changements d’époques, les noms de code et les différents lieux.

Mais alors, quel est ce secret ?

Je laisse à Augustin et Jeanne le soin de le souffler à l’oreille de vos enfants !

 

Myriam Lott

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Des histoires vraiment pas si bêtes que ces épisodes de la Bible pleins d’aventures dans lesquels les animaux agissent et parlent ! Vous les connaissez ? Dans Histoires pas si bêtes, Catherine Buono met en scène des animaux pour raconter 4 épisodes de la Bible. Le résultat ravira les enfants ! Elle nous explique dans cette interview comment lui est venue cette idée…

Éditions LLB : Quel a été le point de départ de ce livre ?
Catherine Buono : Le point de départ de ce livre, c’est le verset 7 du chapitre 4 du livre de Jonas : « Mais le lendemain, à l’aurore, Dieu fit venir un ver qui rongea le ricin » L’Éternel, Dieu du buisson ardent et de la mer rouge, envoie un ver pour donner une leçon à Jonas ? J’ai trouvé ça drôle. J’ai écrit cette histoire il y a 33 ans. Mes deux enfants avaient alors à peu près l’âge de mes deux petits-fils aujourd’hui. Avec mon mari et un ami, on a joué cette histoire en théâtre de marionnettes, une fois, pour une école du dimanche. Puis, elle a dormi longtemps dans un tiroir… En devenant grand-mère, je souhaitais ajouter « mon » livre de Jonas, à la bibliothèque de mes petits-enfants. Les Éditions LLB ont validé mon récit, à condition d’en écrire quatre autres… Ce ne fut pas une mince affaire ! Je suis très reconnaissante pour ce défi, car votre maison d’édition a réalisé mon rêve d’enfant, devenir écrivaine. Même si l’aventure s’arrête là, je serai comblée.

EdLLB : Qu’est-ce que vous aimez particulièrement chez les animaux ?
C.B. : Le regard ! Dans les yeux des animaux, on voit de la réflexion et de l’émotion.
Il ne leur manque que la parole, comme dirait ma belle-mère 😉

EdLLB : D’où vous viennent toutes ces connaissances sur les animaux ?
C.B. : Des livres ! Bon, j’avoue que je fais des recherches sur internet, c’est pratique 😉

EdLLB : D’ailleurs, si vous pouviez être un animal ce serait lequel ?
C.B. : Un cheval ! Un cheval blanc, comme celui d’Apocalypse 6:2 et comme les chevaux de Camargue, ma région.

EdLLB : Quand on lit le livre, on peut penser à certains dessins animés de Disney ou Pixar où des animaux sont mis en scène. Qu’est-ce qui peut plaire aux enfants dans cette façon de raconter ?
C.B. : Mettre des animaux en scène, suscite l’intérêt des enfants et stimule leur imagination. Si le jeune lecteur « se fait son propre film » alors le livre a gagné son pari. Les animaux personnifiés parlants ont toujours amusé depuis Ésope… Les fables de La Fontaine ont bercé mon enfance.

EdLLB : Dans votre travail auprès des enfants, est-il important de renouveler la manière de raconter les récits bibliques ?
C.B. : Oui c’est important, et pas seulement pour les enfants, on a tous besoin d’une lecture renouvelée. La Bible, c’est une bibliothèque et c’est aussi une parole vivante. C’est pour cela qu’on peut la lire toute sa vie, sans se lasser, il y a toujours un élément nouveau.

EdLLB : S’il y a une chose que vous voudriez transmettre en racontant ainsi ces histoires de la Bible, ce serait quoi ?
C.B. : Une chose que je voudrais transmettre : Dieu est amour ! C’est ce qui était écrit sur la première guitare de mon mari. Cette parole s’est éclairée et a transformé ma façon de voir la vie.

EdLLB : Est-ce que le livre peut convenir à un enfant qui ne connaît pas du tout la Bible ?
C.B. : oui tout à fait parce qu’il n’est pas nécessaire de connaître la Bible pour comprendre ces histoires. La courte introduction permet de « planter le décor » de chaque récit, les interventions des animaux maintiennent l’attention du jeune lecteur. La popularité de l’arche de Noé et de la baleine qui avale Jonas, suscite l’intérêt pour découvrir l’histoire biblique. Les aventures de Ruth et Esther (qui a possiblement inspiré Cendrillon) devraient plaire aux filles. Ces quatre héros sont cités dans la dernière histoire qui selon le ministère de Jean Baptiste conduit à s’interroger sur l’Évangile.

EdLLB : Et pour ceux qui la connaissent déjà très bien, comment ces récits peuvent ils les aider à mieux connaître Dieu ?
C.B. : J’avoue que je ne sais pas vraiment… Il me semble, qu’en engageant l’imagination du lecteur, la fiction et l’humour permettent une approche de Dieu plus personnelle.

EdLLB : Avez-vous eu des retours encourageants sur votre livre, de la part de parents ou d’enfants ?
C.B. : Oui, par exemple le petit Ruben, 5 ans, a beaucoup aimé le livre, que lui a lu sa maman avec beaucoup d’enthousiasme, ceci explique cela sans doute.
Sophie, qui a l’habitude de lire avec ses deux filles de 11 ans nichées sous la couette, m’a confié qu’elles se « régalaient » et qu’elles avaient dit : « Il est trop bien ce livre ! »
Alors moi, comment dire… je suis trop contente 😉

EdLLB : Et vous, qu’est-ce que vous avez le plus aimé dans l’écriture de ce livre ?
C.B. : Chercher ! Chercher une inspiration, une idée, un détail, une information, un mot…
C’est stimulant car quand on cherche, on finit par trouver !

EdLLB : Pour finir… Si vous aviez pu être une petite souris et assister à un événement dans la Bible, ce serait lequel ?
C.B. : Ce serait la naissance de Jésus.
En 1996, je rendais visite à la maman d’une fillette qui participait à notre club d’école du dimanche. Ne la trouvant pas chez elle, comme elle était en fin de grossesse, je me rendis au CHU. Elle était en salle d’accouchement, on m’a donné une blouse, j’ai lavé mes mains et j’ai tenu le petit Ihmed encore relié à sa mère. Inoubliable… Une naissance, c’est fabuleux !
Celle de Jésus, c’est merveilleux ! Le Dieu tout puissant est devenu un nourrisson, pour nous.

EdLLB : Est-ce qu’il y a un verset avec un animal que vous aimez particulièrement dans la Bible ? Si oui, pourquoi ?
C.B. : J’aime beaucoup Matthieu 6:26 « Ne vous inquiétez pas pour votre vie… Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans les greniers ; et votre Père céleste les nourrit. »
Pourquoi ? Parce que je suis soucieuse, j’ai besoin d’entendre : « Regarde, je m’occupe des oiseaux… à plus forte raison, de tes enfants, tes petits-enfants et de tous les enfants dans ce monde… car le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent … et j’essuierai toutes les larmes de leurs yeux.» Quand j’écoute Dieu, je vois l’avenir plus sereinement.

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À l’occasion de la parution de son 2e volume des Chroniques chrétiennes à croquer, qui propose 40 nouvelles méditations inspirées de la vie quotidienne, les Éditions LLB ont interrogé Brigitte Mathis sur son processus créatif et sur ce qui la motive à écrire.

 

Éditions LLB : Votre livre s’appelle Chroniques chrétiennes à croquer, pourquoi avoir choisi ce titre en rapport avec la nourriture ?

Brigitte Mathis : L’homme ne vivra pas de pain seulement. Se nourrir de la Parole de Dieu est une question de survie spirituelle. Ces petites chroniques courtes n’ont pas la prétention de nourrir, mais plutôt de mettre en appétit, de donner envie de croquer à pleines dents dans la seule Parole qui soit. Elles pourraient être les mises en bouche de l’apéro, je crois…

 

EdLLB : Comment vous est venue l’idée d’écrire ces chroniques ?

B.M. : J’avais en charge le journal de l’Église dont j’écrivais l’édito. Parmi les lecteurs dudit journal, Alain avait travaillé longtemps pour une maison d’édition connue. Chaque fois qu’il recevait notre petite publication d’Église, il m’envoyait un message ou m’appelait pour me dire que mes textes étaient excellents et qu’il fallait absolument les publier. J’avoue que je me suis dit qu’il était un peu trop enthousiaste et que ces éditos n’avaient rien qui méritaient pareil engouement (j’ai toujours eu une estime de moi au ras des pâquerettes). Alain n’a jamais lâché l’affaire. Au bout de quatre ans, il m’a eue à l’usure et j’ai envoyé vingt textes à trois maisons d’édition chrétiennes qui ont toutes trois répondu qu’elles étaient intéressées.

 

EdLLB : C’est le deuxième tome, s’il y a une chose que vous voudriez transmettre par ce deuxième volume, ce serait quoi ?

B.M. : Je choisis un extrait de ma chronique « La panne de sens ». Dieu nous offre un merveilleux espace. Supérieur, transcendant. Accessible uniquement par sa grâce. Lui seul peut nous rassasier. Combler notre vide béant. Occuper au tréfonds de notre âme la place qu’il s’est réservée. Il est la pièce manquante du puzzle de notre histoire. Celui qui sait. Notre raison d’être et d’avoir. Et d’aller.

 

EdLLB : Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé dans votre manière de voir la vie, dans votre compréhension de Dieu, entre le 1er et le 2e volume et que vous vouliez transmettre dans ce 2e livre ?

B.M. : Oui, beaucoup de choses. La plus importante sans doute qu’il n’est jamais trop tard pour prendre un nouveau départ, changer de rue. Réécrire notre histoire, rattraper le temps perdu. Investir dans des relations (des projets, des combats) qui comptent pour Dieu. (Il est notre « bien » le plus précieux). Et c’est un extrait d’une chronique intitulée « Les feuilles mortes ».

 

EdLLB : Est-ce qu’il y a des commentaires sur votre livre qui vous ont particulièrement touchée ?

B.M. : Les premiers commentaires que j’ai reçus émanaient de gens que j’avais rencontrés alors je me suis dit qu’ils écrivaient ça pour me faire plaisir. Mais quand des personnes que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam (j’aime bien l’expression) ont complimenté l’ouvrage, je me suis dit « Waouh ! Peut-être que ces textes vont vraiment faire du bien aux lecteurs. Et ça, ce serait formidable ! »

Sinon il y a celui, lapidaire, reçu hier d’une lectrice : « Merci pour votre humour. » C’est important l’humour, je crois que Dieu a de l’humour.

 

EdLLB : Comment faites-vous pour écrire ces chroniques ? Concrètement, comment les idées vous viennent-elles et comment faites-vous ensuite pour les mettre sur le papier ?

B.M. : Les idées me viennent sans crier gare au détour d’une circonstance, d’une lecture, d’une conversation, d’une méditation nocturne… Quelquefois elles sont pressées, ne font que passer et je les oublie vite fait. D’autres fois, j’ai le temps de les noter : j’ai mis un petit carnet et un stylo dans mon sac à main et ma table de nuit. Après, la mise en œuvre, c’est une autre histoire. Je n’écris pas comme ça, « allez hop, on y va et puis voilà ! » Le travail est long et laborieux.

Je laisse venir les idées qui vont étayer le propos, parfois elles m’étonnent, me surprennent. Je ne sais jamais exactement où je vais. Je pèse chacun de mes mots. Je peux passer des heures à chercher la bonne formulation pour finalement tout effacer parce que ce n’est pas tout à fait ce que je voulais exprimer. Je suis capable de rester sur la même chronique pendant deux semaines, trois. Bon, je n’écris que le soir ou le week-end, parce que j’ai un travail très prenant. Et je fais pas mal de choses à côté. Mais je n’ai pas la télé, ne regarde pas de série, ni ne vais sur les réseaux sociaux alors j’arrive à me dégager du temps.

 

EdLLB : Est-ce que vous pensez que c’est quelque chose qui pourrait aider chacun d’entre nous : relire nos expériences, en tirer des leçons de vie et les écrire ?

B.M. : Je ne peux pas parler pour les autres. Ce que je peux affirmer c’est que, pour moi, l’écriture est salutaire. Elle me permet de mettre à plat, de cerner, de débrouiller, de sonder, de scruter, d’avancer… Ces chroniques, je les écris aussi pour moi. Le Seigneur « m’auto-édifie » ! Et bien sûr, je me réjouis de savoir qu’elles édifient les lecteurs ! Il m’arrive de relire l’une ou l’autre pour me rafraîchir la mémoire. J’ai tendance à oublier ce que j’écris !

 

EdLLB : Dans votre livre il y a beaucoup d’humour, mais surtout de l’autodérision, on ne tombe pas dans la moquerie des « autres » ou dans le cynisme. Est-ce que l’autodérision peut nous faire du bien et nous aider à traverser des situations difficiles ?

B.M. : Les gens qui se prennent trop au sérieux ne sont-ils pas des gens tristes et ennuyeux ? Si on reconnaît et assume ses défauts, ses lacunes, ses difficultés, ses échecs, ses écueils… c’est bien. Si on est capable d’en rire, c’est mieux. C’est être résolument soi, refuser de jouer un rôle, de faire comme si, c’est renoncer à ses illusions et à son projet de perfection ici-bas. Il me semble que l’autodérision a quelque chose à voir avec l’humilité.

Quand on comprend que Dieu nous aime comme nous sommes, ça change complètement la donne. ! Ah ! Et puis, et c’est important : l’autodérision ne blesse personne.

 

EdLLB : Un dernier mot pour encourager les lecteurs à lire votre livre ?

B.M. : Just do it !

 

Propos recueillis par Anne Vaubaillon, le 19 octobre 2023

Extrait – Savez-vous qui recommande cet ouvrage ? Découvrez dans les premières pages du livre.

 

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